Reviews : Clarissa et La Confusion des sentiments, de Stefan Zweig

Hello tout le monde, j’espère que vous allez bien ! Aujourd’hui, je vous retrouve pour une review groupée de mes lectures de la semaine : Clarissa et La Confusion des sentiments de Stefan Zweig. Enjoy !

Le résumé de Clarissa : « Clarissa, fille d’un militaire autrichien, est née en 1894. A l’aube du premier conflit mondial, elle rencontre à Lucerne, en Suisse, un jeune socialiste français, Léonard, qui n’est pas sans évoquer Romain Rolland. La guerre les sépare, mais Clarissa attend un enfant. Dans l’Europe déchirée, en proie à l’hystérie nationaliste, son acceptation de cette maternité va devenir, plus qu’une décision personnelle : un destin et un symbole. »

Mon avis : J’étais un peu sceptique en commençant Clarissa, parce que le résumé n’annonçait rien de passionnant. Et pourtant, j’ai beaucoup aimé, même si ce n’est pas un coup de cœur ! On voit la 1ere guerre mondiale sous un jour nouveau, du côté des intellectuels de l’époque, et dans les hôpitaux. Finalement, la grossesse de Clarissa reste assez secondaire, le roman est plus axé sur l’époque que sur le personnage en lui-même. Stefan Zweig montre ici une sorte d’incompréhension face à la folie nationaliste : des gens raisonnables, qui s’entendent le mieux du monde, jurent le lendemain de ne plus jamais rien avoir à faire l’un avec l’autre, simplement pour des différences de nationalité. L’auteur, à travers Clara, présente l’angoisse de voir les peuples perdre la tête, la facilité avec laquelle la haine s’installe malgré la culture, malgré l’intelligence.

La 1ere partie du livre, qui raconte la jeunesse de l’héroïne, m’a bien plu aussi : alors que Clarissa souffre de sa réserve naturelle qui l’empêche de nouer de vraies relations, elle rencontre Marion, souriante, amicale, exubérante, mais finalement tout aussi fragile qu’elle puisqu’elle se rend compte que « les gens ne l’aiment jamais longtemps ». Toute cette partie relationnelle est vraiment intéressante et touchante, j’ai trouvé que l’auteur mettait bien les mots sur ce que l’on peut parfois ressentir, ça fait du bien.

Par contre, j’ai trouvé que le déroulement de l’histoire manquait un peu d’action. Normal, puisque c’est une sorte de roman psychologique, mais je m’attendais quand même à plus, ahah. J’ai trouvé un peu dommage aussi qu’on ne puisse pas s’attacher un peu plus aux personnages secondaires, parce qu’ils sont tous passionnants, mais de passage seulement…

Bref, Clarissa est donc un roman que j’ai bien aimé, mais qui ne m’a pas particulièrement marquée. Je le recommande quand même aux fans de l’auteur, mais si vous voulez juste découvrir Stefan Zweig, commencez plutôt par Le joueur d’échecs, Vingt-quatre heures dans la vie d’une femme ou La Confusion des sentiments !

Ma note : 16/20

Le résumé de La Confusion des sentiments : « À l’occasion de son soixantième anniversaire, R. de D., professeur de philologie, reçoit de la part de ses élèves et collègues un livre d’hommage, relation a priori exhaustive de l’intégralité de ses œuvres, articles et discours. Il y manque pourtant la clé de voûte de son parcours intellectuel, l’événement de sa jeunesse qu’il garde secrètement enfoui au plus profond de lui-même : la rencontre décisive d’un homme, un professeur, qui a naguère suscité en lui enthousiasme et admiration. Il entreprend alors de rédiger des « notes intimes », dans lesquelles il retrace sa vie de jeune étudiant, de ses années de libertinage à son attachement exalté pour son maître, avec lequel il noue une relation faite de souffrances et de confusion. À l’époque, il ne s’aperçut pas du glissement insensible que prirent leurs rencontres, jusqu’au jour où le vieux pédagogue lui livra un brûlant secret… »

Mon avis : La Confusion des sentiments m’a plu du début à la fin ! Je me suis beaucoup retrouvée chez le narrateur, un passionné de l’esprit, de la connaissance, qui veut tout apprendre et qui éprouve des fascinations puissantes pour ceux qui savent. Celui-ci raconte son histoire simplement, avec une grande sensibilité, et on ne peut que se laisser emporter. On plonge dans le milieu universitaire du début du XXe siècle, dans le mélange de camaraderie et de rivalité entre les étudiants, dans la relation maître-disciple qui dépasse la simple relation professeur-élève.

Le professeur du narrateur est fascinant : pendant tout le livre, on se rend compte qu’il cache quelque chose : sa femme semble le détester, il sort certaines nuits sans que personne ne sache où il va, ses collègues le méprisent, et tout le monde semble être au courant de quelque chose que le narrateur, lui, ignore. Pourquoi son maître est-il si bienveillant, puis si froid, agressif, blessant ? Je me suis inventé tous les scénarii possibles : est-ce un pervers narcissique, ou alors un drogué, ou peut-être a-t-il une addiction à quelque chose, au jeu, à l’alcool ? J’étais encore loin de la vérité, poignante, tragique. Les émotions ne font qu’enfler tout au long du roman, jusqu’au moment ou, comme dans Le joueur d’échecs, on n’en peut plus, il faut savoir.

Bref, j’ai adoré ce mélange esprit/passions, cette relation racontée avec tant de finesse, et surtout le choix du thème (dur d’en parler sans spoiler, ahah) très tabou à l’époque et encore aujourd’hui. A lire !

Ma note : 20/20

Ps : J’ai également lu « Un écrivain dans la cité », où un auteur reprend quelques points importants de la vie de Stefan Zweig en fournissant des commentaires. Si vous voulez en savoir plus sur cet auteur, c’est parfait, ça se lit très vite, il y a 50 pages maxi 🙂

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