Review : Le joueur d’échecs, de Stefan Zweig

Bonsoir à tous ! La semaine n’est pas trop dure ? Aujourd’hui, je vous présente Le joueur d’échecs, un petit roman de Stefan Zweig, qu’une amie m’a prêté. Et puisqu’il se lit très vite, voici déjà la review !

Le résumé : « Qui est cet inconnu capable d’en remontrer au grand Czentovic, le champion mondial des échecs, véritable prodige aussi fruste qu’antipathique ? Peut-on croire, comme il l’affirme, qu’il n’a pas joué depuis plus de vingt ans ? Voilà un mystère que les passagers oisifs de ce paquebot de luxe aimeraient bien percer.
Le narrateur y parviendra. Les circonstances dans lesquelles l’inconnu a acquis cette science sont terribles. Elles nous reportent aux expérimentations nazies sur les effets de l’isolement absolu, lorsque, aux frontières de la folie, entre deux interrogatoires, le cerveau humain parvient à déployer ses facultés les plus étranges.
Une fable inquiétante, fantastique, qui, comme le dit le personnage avec une ironie douloureuse, « pourrait servir d’illustration à la charmante époque où nous vivons ». »

Mon avis : Je ne connaissais pas du tout Stefan Zweig, mais j’ai été captivée par Le joueur d’échecs ! Ce roman montre l’horreur du nazisme sous un jour nouveau, puisqu’on ne découvre pas les camps, mais l’isolement total, autre forme de torture mentale à laquelle recouraient les nazis. Cependant, ceux-ci restent un peu en arrière-plan, car c’est le parcours mental du prisonnier que l’on suit : ses techniques pour survivre, et les terribles séquelles laissées…

Le joueur d’échecs est un roman bouleversant qui m’a bien secouée, malgré son petit volume : je défie quiconque de rester de marbre face à la détresse et à la rage de rester lucide du prisonnier. C’est aussi un roman fascinant où les échecs, jeu que l’on peut penser désuet et rébarbatif (c’est l’idée que j’en ai), prennent de plus en plus de place, quittent le domaine ludique pour devenir une véritable guerre, la guerre que mène un seul homme contre lui-même, inlassablement, pour éviter la folie, encore et encore, jusqu’à l’obsession. A la fin, on sent presque les pions avancer, implacables, gigantesques, broyant les hommes sous leur poids.

Quant à Czentovic, c’est sûrement le seul côté comique d’une oeuvre aussi sombre : Zweig nous dresse ici un portrait caustique de l’arrogance des idiots, et dépeint d’une plume mordante le ridicule et la bassesse de ce genre de personnes si convaincues de leur importance.

Le narrateur, quant à lui, m’a fait penser à Watson de la série Sherlock, sans que je puisse m’expliquer pourquoi, mais je l’ai trouvé très agréable, bien qu’il ne soit pas vraiment important.

Bref, il s’agit encore une fois d’un roman à ajouter à votre PAL, surtout qu’il se lit très vite (1-2h maximum) ! Pour ceux qui sont restés traumatisés par les lectures obligatoires d’œuvres sur la 2de guerre mondiale, encore une fois, pas de panique, la guerre n’est qu’en arrière-plan !

Ma note : 20/20

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