Review : Tobie Lolness, de Timothée de Fombelle

Hellooo ! Je vous reviens pour une chronique attendue depuis longtemps : l’intégrale de Tobie Lolness (2 tomes, donc), de Timothée de Fombelle, aux éditions Gallimard Jeunesse. Je vous propose donc de découvrir mon avis !

Le résumé : « Courant à travers les branches, se cachant au creux des écorces, épuisé, les pieds en sang, Tobie fuit, traqué par les siens… Au cœur d’un inoubliable monde miniature, un grand roman d’aventure, d’amitié et d’amour. « 

Le monde de Tobie Lolness se limite à l’arbre dans lequel vit tout son peuple. Hélas, un jour, la vie du jeune garçon bascule : son père, le génial savant Sim Lolness, est accusé de trahison pour avoir refusé de livrer un secret qui mettrait tout son monde en danger s’il venait à tomber entre de mauvaises mains. Sim Lolness et sa femme sont emprisonnés par le terrible Jo Mitch. Tout l’arbre est à la recherche de Tobie, et celui-ci doit alors mener une vie d’errance et échapper à ses nombreux ennemis en gardant toujours un espoir en tête : sauver les siens, sauver l’arbre, et revoir Elisha, la jeune fille dont il est éperdument amoureux…

Mon avis : J’ai mis du temps à lire ce pavé, mais je ne regrette pas du tout ! L’univers de Tobie Lolness a été un véritable coup de coeur. Je n’étais pas sûre de réussir à m’attacher à une histoire qui se passait uniquement dans un arbre, mais cet arbre est si bien exploité que finalement, on n’a pas besoin de plus. Puisque les habitants de l’arbre sont très petits, on voit toute la nature sous un jour nouveau, à travers leurs yeux, façon Arthur et les Minimoys : un oiseau devient un danger mortel, une brindille prend des allures titanesques, une aspérité de l’écorce se transforme en montagne… J’ai adoré cette capacité qu’a l’auteur de métamorphoser le réel et le quotidien en un véritable monde indépendant et fantaisiste.

Au niveau des lieux, j’ai adoré aussi : on retrouve tout à fait l’atmosphère de la forêt, j’ai cru de nombreuses fois sentir les odeurs de bois, d’écorce, de mousse, tant les descriptions sont bien faites. Mention spéciale pour les Basses Branches, le lac d’Elisha et la ferme des Asseldor qui m’apparaissent vraiment comme des lieux parfaits, magnifiques !

Ensuite, les personnages sont super aussi : Tobie est très attachant et il évolue beaucoup au cours des deux tomes : on est dans un véritable roman d’apprentissage qui suit son héros de l’enfance à l’âge adulte, avec tous les questionnements que cela implique. Du coup, Tobie Lolness ne s’adresse pas uniquement à un public très jeune, mais aussi aux ados, jeunes adultes, et tous ceux qui ont des questions sur la vie et le monde. Les personnages secondaires sont aussi très bien creusés, tous ont un but dans le livre, une histoire qui les concerne et qui se mêle à l’intrigue principale, ce qui participe à la richesse et au foisonnement du livre ! Ils inspirent tous un sentiment particulier au lecteur. Le seul défaut, à mon sens, c’est qu’à part Léo Blue, tous les méchants sont vraiment décrits comme stupides : je sais que c’est pour ne pas trop inquiéter un lectorat jeune, mais j’aurais aimé qu’on montre aussi que les gens intelligents peuvent être les pires. Pour ma part, je n’ai pas réussi à prendre Jo Mitch vraiment au sérieux, par exemple, mais cela reste un détail par rapport à tous les points positifs !

J’ai beaucoup aimé le monde des Pelés, qui vivent en bas de l’arbre : c’est un peuple très doux, très poétique, et je les ai trouvés très tendres, surtout pour un peuple opprimé par les habitants de l’arbre. Grâce à eux, on retrouve aussi les dangers de la peur de l’autre : les habitants de l’arbre craignent les Pelés comme la peste, alors qu’aucun ne les connaît vraiment.

Parmi les amis de Tobie, on compte aussi de nombreux personnages forts : Elisha est une jeune fille déterminée, intelligente et sensible que j’ai bien aimé suivre. Léo Blue, même en tant qu’antagoniste, est riche et bien construit (dans le sens que ce n’est pas un personnage qui fait du mal pour le plaisir, il a ses raisons et il véhicule aussi un message très fort quant à la soif de vengeance qui peut aveugler). Enfin, j’ai adoré Patate, le soldat poli et respectueux des autres : malgré le rôle de clown que l’on pourrait lui attribuer, c’est un personnage qui essaye de tracer se route et de sortir de sa condition pour s’élever, et j’ai trouvé que c’était un beau message.

On pourrait parler de tous les personnages, puisqu’ils ont tous une personnalité bien creusée : le vieux Pol Colleen qui écrit et ne parle pas, Sim Lolness et son talent, Tête de Lune avide de faire ses preuves, les sœurs Asseldor et leur quête de l’amour, la tragédie d’Ilaïa… Mais je pense qu’il faut garder un peu de surprise pour  quand vous lirez !

Mais le gros point positif de Tobie Lolness, ce qui m’a vraiment emballée, c’est l’intrigue est tournée vers l’écologie, qui porte un message de respect et de préservation de l’environnement. On peut très facilement le relier à l’état de notre monde, avec des comparaisons faciles : « le trou dans la couche de feuilles », par exemple. J’ai beaucoup aimé que ce roman soit engagé et traite l’écologie comme un sujet d’importance. Sim Lolness est fascinant : il a compris l’importance du respect de la nature, il est vraiment à l’écoute de son arbre et lutte désespérément pour le protéger face aux grands industriels comme Jo Mitch qui ne visent que le profit personnel. Ses explications sur les insectes et sur le fonctionnement de l’arbre sont passionnantes, il met tout son cœur dans ses recherches, et je crois qu’il a été mon personnage préféré rien que pour cela.

Bref, je vous invite à lire ce livre dès que possible : l’écriture est très belle, tantôt tendre, tantôt remplie d’un humour toujours bienveillant, et même si l’on est dans un univers fantaisie et jeunesse, un lecteur plus âgé peut avoir une seconde lecture plus profonde de l’oeuvre et faire des liens avec notre monde. J’ai beaucoup aimé que le message ne soit pas pessimiste (du genre « de toute façon il est déjà trop tard on ne peut plus rien faire ») : Tobie Lolness prouve qu’avec de l’amour et une responsabilité collective, on peut accomplir les plus grandes choses. A lire ! (et puis, la couverture est super belle, non ?)

Ma note : 20/20

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