Review : La servante écarlate, de Margaret Atwood

Hellooo !! J’ai fini hier La servante écarlate, de Margaret Atwood : ça faisait un moment que je voulais le lire, après avoir vu l’adaptation The Handmaid’s Tale. Vous hésitez encore ? Voici mon avis perso !

Le résumé : « Devant la chute drastique de la fécondité, la république de Gilead, récemment fondée par des fanatiques religieux, a réduit au rang d’esclaves sexuelles les quelques femmes encore fertiles. Vêtue de rouge, Defred, « servante écarlate » parmi d’autres, à qui l’on a ôté jusqu’à son nom, met donc son corps au service de son Commandant et de son épouse. Le soir, en regagnant sa chambre à l’austérité monacale, elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, de travailler… En rejoignant un réseau secret, elle va tout tenter pour recouvrer sa liberté. »

Mon avis : J’ai été assez déçue de ma lecture. La servante écarlate est un roman assez lent, l’intrigue ne va, à mon sens, pas très loin, et c’est frustrant. L’héroïne, Defred, raconte sa situation dans le nouveau régime autoritaire, et bien qu’elle soit l’une des premières victimes, elle paraît s’en être assez bien accommodée, et plonge souvent dans ses souvenirs du temps d’avant, répétant que « quand même, c’était mieux, la liberté » sans rien faire pour changer la situation. Ses actions au sein de la résistance sont minimes, elle est plutôt occupée par son dilemme entre le Commandeur ou Nick, un autre homme qu’elle a rencontré.

En fait, je ne la trouve pas crédible : avant le régime, elle avait une famille, dont elle est pourtant bien oublieuse. Je crois que dans un pays où on n’a plus aucune liberté, où notre corps est assimilé à du bétail, où toute notre vie est contrôlée, on a autre chose à penser qu’un dilemme amoureux. Tous les personnages sont terriblement indifférents à leur condition : le Commandeur semble être une sorte d’intellectuel froid qui se fiche de la souffrance d’autrui, puisque lui-même n’ayant jamais été touché, il ne peut pas entrer en empathie avec les autres. On comprend facilement qu’il ait participé au nouveau régime, emballé par des idées de purification et de remise au pas (et peut-être aussi motivé par l’appât du gain), mais que dire de sa femme ? Le roman nous apprend que celle-ci était dans le délire dès le début, qu’elle a activement participé à la mise en place de la dictature, et pourtant, elle en souffre. Elle savait ce qu’elle faisait, elle savait qu’il faudrait qu’elle partage aussi son mari avec une Servante, alors que cette idée l’insupporte. Donc, j’ai du mal à la comprendre. Je crois qu’il s’agit aussi de quelqu’un qui n’a jamais connu la douleur et qui pensait, comme une évidence, qu’elle, on l’épargnerait. D’un côté, cela la rend touchante, mais j’ai encore du mal à décider si je la considère en victime ou en bourreau (sûrement un peu des deux).

Concernant l’intrigue, je suis clairement restée sur ma faim : les bases sont posées pour avoir un univers intéressants (cf les Antifemmes, les Colonies, la résistance, les rouages du pouvoir avec les différentes classes), et pourtant, rien n’est creusé, on reste toujours en surface : la faute au point de vue interne de l’héroïne, le seul dont on bénéficie pendant tout le livre, alors qu’elle reste très en retrait de la société, en attendant que ça se passe. J’aurais préféré avoir une héroïne comme Moira (une jeune femme très vive, très impliquée pour sa liberté) ou comme Deglen (une résistante intelligente et courageuse), à laquelle j’aurais vraiment pu m’attacher, et qui, par ses actions, aurait pu nous faire découvrir plus en détails l’univers et son fonctionnement. Le gros défaut de La servante écarlate, c’est que l’on a toujours l’impression de rester en surface, et trop de questions ne sont pas résolues. La fin, très ouverte, n’apporte rien aux interrogations soulevées pendant tout le livre.

Après, je comprends que l’auteure ait pu vouloir s’impliquer le moins possible dans La servante écarlate pour nous laisser libres de faire notre jugement. Je pense aussi que l’on peut interpréter l’attitude des personnages comme une critique de notre société où les pires horreurs peuvent se passer sans que personne ne bouge, tout en étant lucides, et que Margaret Atwood essaye de dénoncer ce comportement. On peut aussi y voir une réflexion intéressante sur l’empathie, ou l’absence d’empathie, entre les hommes, sur la fragilité des libertés qui nous paraissent aller de soi (l’héroïne ne se sentait pas très concernée par les combats féministes de sa mère…jusqu’à ce qu’elle perde brutalement toutes ses libertés), et il y a quelques thèmes généraux qui permettent d’avoir une bonne réflexion, notamment sur ce que nous, nous ferions à la place des personnages. Pendant tout le livre, on ne peut s’empêcher de se demander : et à nous, est-ce que ça pourrait nous arriver ? D’autant que l’on comprend que la mise en place est progressive : privation, petit à petit, des libertés sous un prétexte de sécurité… Le procédé est insidieux, et personne n’est à l’abri (coucou le remplacement de l’Etat d’urgence par une loi similaire et sans limites dans le temps !).

Mais finalement, je crois que j’ai tout de même préféré la série Hulu, qui est plus rythmée, et qui permet mieux d’entrer en empathie avec les personnages !

Ma note : 14/20

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