Review : Les amies d’Héloïse, d’Hélène de Monferrand

Hello ! Pour ceux qui ont suivi l’article sur les personnages LGBT+ dans la littérature, je vous avais parlé de mon nouvel achat : Les amies d’Héloïse, d’Hélène de Monferrand, qui a reçu en 1990 le prix Goncourt du premier roman. Me voici donc de retour pour la review !

Le résumé : « En 1964, Claire et Héloïse achèvent leurs études secondaires. Leur amitié ne s’interrompt pas pour autant, et leurs lettres vont nous rendre témoins de leur vie. A Vienne, Héloïse rencontre Erika, qui lui révèle l’amour homosexuel. Bientôt d’autres femmes, jeunes ou moins jeunes, sages épouses ou amazones, apparaissent dans ce livre à plusieurs voix. Si l’amour entre femmes, évoqué librement et simplement avec ses joies, ses drames, ses plaisirs, est le thème dominant de ces pages, c’est aussi le roman de l’amitié, des passions, de la liberté, de la vie comme elle va. Et du monde qui change, de la décolonisation aux lendemains de Mai 68. Une chronique impertinente et brillante, pleine de personnages singulièrement attachants, couronnée en 1990 par le prix Goncourt du Premier Roman. »

Mon avis : Je ne regrette pas du tout d’avoir acheté Les amies d’Héloïse ! Ça a été une excellente lecture, et j’ai fini le roman en deux jours.

Concernant les personnages, le roman gravite d’abord autour d’Héloïse et de Claire, amies d’enfance, puis s’éloigne pour englober aussi les mères, les amantes, les amies. On suit donc la vie de plusieurs femmes, qui ont chacune leur caractère. Héloïse, jeune femme vive, avide de découvrir le monde, reste toutefois le personnage central : pour ma part, je ne l’ai pas trop aimée, je la trouvais égoïste et froide. Claire non plus ne m’a pas attachée tout de suite : au départ, son rôle est surtout de faire parler Héloïse, ce n’est qu’au bout de quelques chapitres que l’on peut vraiment la cerner. Mais ensuite, c’est un super personnage ! Mes préférées ont tout de même été Erika, la première amante d’Héloïse, une jeune femme brillante mais malheureuse à cause de son hypersensibilité, et Suzanne, la seconde amante d’Héloïse, une femme qui a souffert et qui préfère désormais l’amour-plaisir, léger, sans engagement ni jalousie. Suzanne est également intéressante puisqu’on apprend qu’il s’agit d’une ancienne déportée, qui a survécu aux camps de concentration, et cette période sombre est donc régulièrement évoquée dans le livre. Il y a évidemment d’autres personnages : la mère d’Héloïse, ou Manuella, la sœur d’Erika qui contracte un mauvais mariage et peine à divorcer. Le livre retrace finalement l’évolution des droits des femmes depuis la fin de la 2de guerre : leur émancipation progressive, le droit à l’avortement, à la contraception, au divorce, etc.

Bien que ce soit un roman qui traite majoritairement d’amours lesbiennes, et de la difficulté de leur vie au XXe siècle (elles doivent se cacher, n’ont aucune légitimité, ont des « réseaux » secrets car il est difficile d’aborder naturellement le sujet, s’assument plus ou moins bien), on trouve aussi quelques personnages hétéros (Claire, Manuella) pour ne laisser personne sur la touche. Les amies d’Héloïse parle de l’amour sous toutes ses formes : hétéro, homo, le grand coup de foudre inoubliable, les conquêtes d’un soir, les amours joyeuses ou malheureuses, la tromperie.

Pour ce qui est du style, on suit les aventures des jeunes femmes grâce à des échanges de lettres : confidences, bulletins de campagne, billets rapides, lettres-fleuves, tout y est. Il y a aussi des passages du journal d’Erika ou de Manuella qui permettent de vraiment accéder aux pensées des femmes, et c’est assez intéressant de voir comme un événement peut changer totalement de sens selon la personne qui l’interprète.

Enfin, même si le sujet principal est l’amour et les relations entre femmes, Hélène de Monferrand touche à beaucoup d’autres sujets : les camps de concentration, la tension entre Français et Allemand après la guerre, la guerre d’Algérie et la position adoptée par les Français, les combats féministes, les émeutes de mai 68… Les amies d’Héloïse est vraiment un roman très riche qui, en plus de retracer des destins, retrace toute une époque.

Seul bémol de tout ce livre : les longueurs. Dans la seconde moitié, j’ai trouvé que l’action ralentissait parfois un peu, et j’ai lu certaines lettres en diagonale (après, peut-être que c’est juste moi, car certains personnages m’intéressaient plus que d’autres…). Mais ces longueurs sont largement rattrapées par la fin, qui est merveilleuse et qui réussit à retourner l’intrigue une dernière fois pour donner sa place à chacune !

Bref, Les amies d’Héloïse a été pour moi une excellente lecture, hormis pour le personnage d’Héloïse elle-même que je n’ai pas du tout réussi à aimer, sauf peut-être à la toute fin. Mais tous les autres personnages sont riches, émouvants, et l’écriture est très belle et sensible, surtout chez Erika !

Ma note : 17/20

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