Review : En route vers toi, de Sara Lövesteam

Hello, j’espère que vous allez bien ! Hier, j’ai lu En route vers toi, de Sara Lövesteam, publié chez Actes Sud. Je ne connaissais pas du tout cette auteure, alors j’espère vous la faire découvrir aussi !

Le résumé : « Une broche en argent, une paire de lunettes tordue, une vieille règle en bois et des bottines à l’élégance désuète – quatre objets d’un autre temps viennent faire irruption dans la vie désenchantée de Hanna. Ce sont les derniers témoins de la passion clandestine de deux amantes, Signe et Anna, un siècle plus tôt, à la veille du combat pour le droit de vote des femmes en Suède. Intriguée, Hanna remonte obstinément la piste de ces objets qui sont pour elle devenus talismans.
En 1906, dans la petite ville de Tierp, Signe lance un coup de pied dans un arbre. La jeune institutrice s’indigne de la différence salariale entre hommes et femmes, confirmée par la lettre qu’elle vient de recevoir de Stockholm. Lorsque la grande oratrice Brita Löfstedt arrive à Tierp avec l’envoûtante Anna à ses côtés, sa vie bascule. S’impliquant corps et âme auprès des suffragettes suédoises, Signe s’embarque aussi dans une aventure amoureuse dont elle n’aurait jamais pu imaginer la portée. »

Mon avis : J’ai dévoré En route vers toi ! Le combat pour le droit de vote des femmes en Suède est retracé à travers Signe, Elvira, Anna, Brita et toutes les suffragettes. On y voit vraiment la difficulté pour ces femmes de faire entendre leur voix à cette époque : faire face aux hommes qui les considèrent comme de sous-citoyennes, ceux qui sortent l’argument : »mais non, tu n’as pas besoin de droit de vote, tu influences déjà ton mari ! », ceux qui ne comprennent rien : « mais pourquoi tu t’énerves, tu crois que tu vas faire avancer la cause en étant hystérique ? Sois belle et souris », et même la difficulté de convaincre certaines femmes, les « antis » qui pensent que leur mari décide pour le mieux. C’est un long combat, remplis de compromis, de petites avancées.

Ensuite, il y a l’histoire d’amour entre Signe et Anna, puis entre Signe et Elvira. Le roman montre d’abord la difficulté d’entretenir une relation lesbienne dans le début du XXe siècle : le tabou au nom de la morale, la nécessité de se cacher, le coming-out inenvisageable. Mais à travers ces deux relations, on trouve aussi toute une réflexion sur l’amour, les relations toxiques, la nécessité de s’aimer soi-même avant de pouvoir aimer quelqu’un d’autre, la différence entre amour et dépendance. Un(e) hétéro peut aussi facilement se retrouver dans les questionnements de Signe, dans sa peine ou dans sa joie : finalement, aimer un homme ou une femme, ce n’est pas si différent. Et pour ma part, j’ai trouvé la relation de Signe et Elvira vraiment adorable et intéressante !

Un chapitre sur deux est donc consacré au début XXe, avec la lutte pour le droit de vote et les relations amoureuses de Signe, l’héroïne. Les autres chapitres sont consacrés à Hanna, une Suédoise de notre époque dont la vie n’est pas très reluisante : l’amour qu’elle partageait avec son copain, Johan, disparaît peu à peu, elle a rompu les liens avec sa meilleure amie Agi, et elle n’a globalement aucune passion. Je ne vous cache pas que je ne l’ai pas trouvé très intéressante, au début. En fait, il faut vraiment attendre la 2e moitié du roman pour parvenir à la cerner, et pour qu’elle se mette vraiment à bouger. Tout cela, grâce aux quatre objets qui se retrouvent miraculeusement en sa possession : une règle, des bottines, des lunettes, et une broche. Tous ont appartenu à Signe à un moment de sa vie, et contribuent à changer celle d’Hanna. Jusqu’alors, elle était passive, blasée. Peu à peu, elle reprend sa vie en main, se lance dans une enquête pour apprendre le passé de ces objets et restitue, par bribes, l’existence de Signe, d’Elvira et de toutes les autres. Finalement, j’ai beaucoup aimé Hanna, et surtout son copain Johan (je ne vous dis pas pourquoi, ce serait du spoil !). Cette quête du passé m’a un peu fait penser à Elle s’appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay.

Bref, En route vers toi, c’est un roman très bien écrit, avec de nombreux messages forts : le féminisme, la lutte LGBT+ (enfin un personnage principal gay ! YES !), l’acceptation de soi, l’amour, et l’ouverture aux autres. Pour cela, je l’ai trouvé très émouvant et vraiment remarquable !

Ma note : 19/20

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