Review : La Promesse de l’Aube, de Romain Gary

Hello ! Je vous reviens après un peu d’absence, à cause des cours et de la fatigue. Mais là, c’est les vacances, il est donc temps de remettre le blog à jour, et je commence avec La Promesse de l’Aube, autobiographie de Romain Gary. Je connaissais déjà un peu cet auteur pour avoir lu La vie devant soi, qui m’avait beaucoup plu. Bref, voici le résumé de cette nouvelle lecture !

Le résumé : « -Tu seras un héros, tu seras général, Gabriele D’Annunzio, Ambassadeur de France – tous ces voyous ne savent pas qui tu es !
Je crois que jamais un fils n’a haï sa mère autant que moi, à ce moment-là.
Mais, alors que j’essayais de lui expliquer dans un murmure rageur qu’elle me compromettait irrémédiablement aux yeux de l’Armée de l’Air, et que je faisais un nouvel effort pour la pousser derrière le taxi, son visage prit une expression désemparée, ses lèvres se mirent à trembler, et j’entendis une fois de plus la formule intolérable, devenue depuis longtemps classique dans nos rapports :
– Alors, tu as honte de ta vieille mère ? »

Dans La Promesse de l’Aube, Romain Gary revient sur son enfance, ses nombreux voyages, sa mère désargentée qui voulait à tout prix l’emmener en France pour qu’il « grandisse, étudie, devienne un homme », ses débuts dans l’écriture et les nombreuses heures qu’il passait à chercher un pseudonyme à la hauteur de la grandeur future que sa mère lui promettait, et son expérience lors de la 2e guerre mondiale. 

Mon avis : La Promesse de l’Aube m’a beaucoup émue. Romain Gary y fait surtout le portrait de sa mère, avec beaucoup de délicatesse, de tendresse, et avec l’humour décalé qui lui est propre. Je l’ai trouvé très touchant. Sa mère l’a éduqué seule, sans argent, mais n’a jamais cessé de vouloir pour lui la réussite, l’amour, la reconnaissance. C’est un personnage d’une force incroyable, qui ne renonce jamais. Alors que son fils et elle passent par à peu près toutes les galères imaginables, elle continue de défendre son morceau, ruse pour trouver de l’argent et offrir à son fils le meilleur. Il y a beaucoup de scènes très touchantes. L’auteur raconte son obsession d’être un bon fils, de rendre un jour à cette mère tout ce qu’elle a fait pour lui. Cette mère abîmée par la vie qui se console en rêvant une vie parfaite pour son fils : célèbre, riche, vivant vieux, faisant tomber toutes les femmes… C’est une abnégation totale.

Elle-même n’est pas quelqu’un d’ordinaire : très belle, ancienne actrice, amoureuse puis abandonnée avec son enfant, extravagante, russe et juive, courageuse, intelligente, possessive, forte et fragile à la fois, elle est capable d’en remontrer aux rois, aux militaires, aux commerçants, puis d’avoir soudain besoin de la protection de son fils, de se sentir soutenue et aimée à son tour. Un passage m’a beaucoup amusée, celui où l’auteur raconte qu’elle lui disait assez régulièrement : « ce commerçant m’a insultée. Va lui donner une paire de claques. » et qu’il était alors de son devoir d’homme d’aller trouver le commerçant en question.

La fin, surtout, m’a bouleversée. On la voit venir à partir d’un certain moment, mais on ne peut pas être sûr, jusqu’à ce que Romain Gary jeune le découvre lui-même. La Promesse de l’Aube est vraiment, avant d’être une autobiographie, une histoire d’amour. L’amour des hommes, de la France, d’une femme qui ne parle pas un mot de sa langue, de sa mère. La tendresse est omniprésente dans ce livre, sans toutefois verser dans le naïf : l’auteur peut aussi faire preuve d’un humour mordant ou d’un cynisme noir à certains passages.

Bref, l’écriture est magnifique, très sensible, humaine et malicieuse à la fois. J’ai vraiment adoré cette autobiographie, qui me donne encore plus envie de découvrir toutes les autres œuvres de Romain Gary !

Ma note : 20/20

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